Reprendre un gîte en activité : TOP 3 des erreurs à éviter

20 04 2022

Vous avez envie de changer de vie, de vivre au vert et d’ouvrir un gîte ? Vous êtes en plein dans les recherches de biens à visiter et vous commencez peu à peu à vous décourager car le marché de l’immobilier est tendu. Les maisons que vous visitez sont généralement peu adaptées à l’accueil d’un gîte. Les aménagements et travaux que nécessitent la création d’un gîte sont trop importants pour être réalisables. Pourquoi ne pas reprendre un gîte déjà en activité ?!

Puis, vous vous rappelez avoir vu un article intitulé “Comment trouver sa future maison ?
Voilà une solution ! Pourquoi transformer une maison en gîte lorsque des gîtes déjà en activité sont à vendre ?

Reprendre un gîte déjà ouvert présente de nombreux avantages et cela permet de gagner du temps face à la banque. Reprendre une activité rentable n’engage pas les mêmes enjeux que la création de zéro.

Comme vous, j’ai eu envie de donner plus de sens à mon travail. Puis sans le vouloir, j’ai eu l’opportunité en 2018, de reprendre un gîte de groupe dans le Lot. Aujourd’hui, je partage avec vous, en toute transparence, 3 des plus grandes erreurs que j’ai commises. Avec le recul, j’ai compris que j’étais mal informée et mal préparée. Si vous êtes sur le point de reprendre un gîte, prenez un instant pour lire ces quelques lignes.

Reposons le contexte

Pour vous donner un peu de contexte, je me présente à nouveau : je m’appelle Laura, j’ai 37 ans et j’ai grandi à Toulouse. Après des études au lycée hôtelier, j’ai effectué un BTS et une école de commerce en gestion et marketing des entreprises. À quelques exceptions près, j’ai toujours travaillé dans l’hôtellerie. Je pense avoir fait tous les postes possibles : réceptionniste, gouvernante, femme de chambre, responsable des réservations, night auditor, assistante de direction, etc.

Même si je n’avais jamais géré mon propre établissement, l’hôtellerie n’était pas non plus un domaine totalement inconnu pour moi, car j’avais déjà touché à tout. Puis en début d’année 2018, se présente à nous l’opportunité de reprendre un gîte de groupe situé près de Cahors dans le Lot. Ce projet tombe de nulle part et apparaît pourtant comme une évidence.

En effet, depuis quelque temps, j’ai envie de trouver plus de sens dans mon travail, nous rêvons de nous installer à la campagne et de faire l’acquisition d’un bien atypique. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’achat et de l’acquisition.

Cependant, lorsque nous avons acheté le gîte Le Moulin de Bernard, j’étais à des années lumière d’imaginer à quel point ma vie en serait bouleversée. J’étais plutôt mal informée et mal préparée sur toutes les étapes de la reprise de cette entreprise. Aujourd’hui, presque 4 ans plus tard, j’ai suffisamment de recul pour faire le bilan sur notre parcours et identifier les erreurs que j’ai pu commettre en reprenant un gîte déjà ouvert.

Maintenant que le décor est posé, on peut poursuivre. Reprendre un gîte en activité, voici le Top 3 erreurs à éviter.

Reprendre un gîte, erreur n°1 : faire confiance aux vendeurs

Ma première erreur a été de faire confiance aux vendeurs auprès desquels je reprenais la location saisonnière. Je ne parle même pas d’honnêteté. Ce que je veux dire c’est que j’ai pris pour acquis tout ce qu’ils ont pu nous dire sur le bâtiment, son environnement, les travaux ou encore leur gestion de l’hébergement. Je n’ai pas réfléchi davantage pour faire mes propres constatations.

Je ne suis pas en train de dire que vous ne devriez pas faire confiance aux gens. Cependant, je vous conseille de mettre les choses en perspective par rapport à votre vision, vos habitudes et votre fonctionnement pour la gestion de votre propre entreprise. Par exemple, ils nous avaient donné le nombre d’heures de ménage dont ils avaient besoin pour remettre le gîte en état entre deux locations. J’ai longtemps cru que c’était une référence et que je devais m’y conformer. Grosse erreur, car leur façon de gérer le ménage ne correspondait pas à la mienne. Nos standards n’étaient absolument pas les mêmes et pourtant je restais accrochée aux informations qu’on m’avait données, tel un objectif à atteindre.

Cet exemple est valable pour tout : leur client idéal, leur processus d’accueil, leur communication, les services proposés, les prix des nuitées, etc. Je savais que j’allais faire différemment, que j’allais gérer le gîte autrement, mais dans un premier temps, je restais focalisée sur leurs propres modes de fonctionnement.
Sans détailler tout ce qui ne collait pas avec ma vision et leur propre gestion du gîte, je vous recommande de prendre une certaine distance avec les propos des vendeurs de votre futur bien.

Même si ce n’est pas un gîte ou une maison d’hôtes que vous achetez, mais simplement une maison : vous n’avez pas les mêmes habitudes, les mêmes objectifs, les mêmes priorités. Prenez du recul sur l’excitation d’une visite coup de cœur. Faites le tri entre les données communiquées par les vendeurs et ce que vous souhaitez vraiment faire de votre futur gîte. Même si vous reprenez l’entreprise, vous créez votre propre activité. Votre projet doit donc s’adapter à votre vision, à vos habitudes, à vos valeurs et aux aménagements que vous allez faire.

Pour conclure ce point, je ne peux que vous alerter sur l’importance de vous faire accompagner dans la visite et l’ouverture de votre gîte. Un·e professionnel·le ou même un membre de la famille pourra vous apporter un regard extérieur, voire critique. Cela vous aidera à anticiper tous les travaux et achats à faire dès la reprise et qui pourraient impacter votre budget.

Reprendre un gîte, erreur n°2 : ne pas contacter d’autres propriétaires de gîtes

Ma deuxième erreur a été de ne pas contacter d’autres propriétaires et gérants de gîtes. Si j’avais contacté des confrères et consoeurs, je me serais déjà épargné la première erreur ! Pour tout vous dire, j’étais trop têtue et sûre de moi pour voir l’importance des retours d’expérience des futurs collègues. Je ne voyais pas en quoi cela pouvait m’aider et m’apporter des renseignements que je n’avais pas déjà. Et puis bien sûr, j’étais trop timide pour faire cette démarche qui me paraissait insurmontable.

J’avais trop peur qu’on ne veuille pas me répondre, ni partager des conseils sur la gestion d’hébergement touristique avec moi. Je suis donc restée très seule jusqu’à ce que je lance finalement le podcast. Jusque là, je menais ma barque, sans tirer profit des témoignages que pouvaient partager les collègues. Faire l’impasse sur les retours d’expérience est vraiment dommage. D’autant plus que je suis la première à vous encourager à vous renseigner et à solliciter des personnes qui sont déjà passées par là.

Si vous avez pour projet d’ouvrir un gîte, je vous invite vivement à envoyer un message à des propriétaires que vous appréciez sur Instagram. Proposez de les appeler ou invitez-les pour un café. Vous verrez de nombreux avantages à cette démarche :

  • L’expérience des autres professionnel·les de la location de vacances vous fera gagner un temps considérable, des conseils, et de l’inspiration.
  • Avoir la vision d’autres propriétaires est toujours hyper intéressant et enrichissant.
  • Même si vous n’avez rien appris de nouveau (ce que je pense peu probable), vous serez hyper confiant·e et rassuré·e par vos choix et votre niveau de connaissances.

Pour résumer : c’est tout bénef’ ! D’ailleurs, si je devais tout recommencer, je ferais chauffer le téléphone avec un tour de France des témoignages de propriétaires ! Mais dites-moi… n’est-ce pas exactement ce que je fais avec le podcast ?! 😉 Finalement, j’ai réussi à effacer mon erreur de débutante !

Reprendre un gîte, erreur n°3 : ne pas revoir ma grille tarifaire dès la première année

Ma troisième erreur a été de ne pas revoir ma grille tarifaire dès l’ouverture. Cette erreur, j’en ai pris conscience très tard, en discutant avec Sophie de Guest in Time et Laurie, notre experte marketing. En fait, je ne me sentais pas légitime de changer les tarifs de la location établis par les anciens propriétaires. Finalement, ça rejoint aussi la première erreur.

J’ai considéré que s’ils avaient ces tarifs, c’étaient forcément les bons. Est-ce que pour me dire ça, j’ai pris en compte mes clients cibles, mes propres charges, mes prestations ? Non. Je me suis juste dit que si les tarifs fixés étaient ceux-ci, c’était forcément bon. Encore une fois, c’est ridicule, car ma façon de gérer le gîte n’est pas du tout la même que la leur.

Nouveau gestionnaire, nouvelle stratégie, nouveaux prix : c’est cohérent. Repartir sur une nouvelle grille tarifaire était donc pertinent, voire nécessaire. Pourtant, j’ai attendu plus d’un an avant de modifier ma politique tarifaire.
À ma décharge, j’avais des réservations prises par les anciens propriétaires : légalement, c’était impossible de modifier les contrats en cours. Cependant, même pour les nouvelles locations que je prenais en direct, je n’ai pas voulu réévaluer les prix.

En toute objectivité : j’ai clairement perdu de l’argent. Les travaux que j’ai réalisés, les améliorations et le niveau de confort n’étaient pas rémunérés à leur juste valeur !

Comme nous l’a rappelé Sophie de Guest in Time lors de l’épisode de podcast du 3 décembre, une grille tarifaire n’est pas figée dans le temps. Revoir ses tarifs dès qu’un élément de votre hébergement touristique change est indispensable : nouvel équipement, nouvelle charge, nouvelles prestations, nouveau label, nouvelle stratégie de commercialisation…
Ne pensez pas qu’une augmentation va forcément faire peur, que vous n’aurez plus d’hôtes, ou qu’on va vous reprocher d’appliquer des tarifs trop élevés. Personne ne se souvient de vos anciens tarifs.

L’important c’est que vos tarifs soient cohérents avec votre niveau de service.
Pour “faire passer la pilule” soyez transparent·es et communiquez bien sur la qualité de votre établissement et sur la valeur perçue. Dans le pire des cas, rien n’est gravé dans le marbre et vous pourrez toujours ajuster votre stratégie tarifaire.

Conclusion

Bien sûr, j’ai commis d’autres erreurs en reprenant un gîte en activité. Mais ce sont ces trois erreurs qui m’ont le plus marquée. Pour récapituler, gardez bien ces trois points de vigilance en tête :

  • Lorsque vous achetez un bien, ne faites pas aveuglément confiance aux vendeurs, aussi gentils soient-ils. Réfléchissez à votre propre stratégie et à votre fonctionnement.
  • Vous n’avez pas à rester seul.e ! Allez chercher de l’information auprès de la communauté de propriétaires de gîtes et chambres d’hôtes.
  • Changez le modèle économique de votre gîte selon vos propres besoins. Testez et ajustez ! Vous avez le droit à une phase de transition en tant que nouveaux gérants, et ce dès l’ouverture de votre gîte.

J’espère que cet article vous plaira et vous aidera à être mieux préparé·e pour le projet d’ouverture de gîte dans lequel vous vous apprêtez à vous lancer.

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Portrait de Laura Wignolle, fondatrice des clés du gîte

Laura Wignolle
Fondatrice des clés du gîte
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